yeux anouch


Nous sommes en 1915, Anouch est une jeune ado de 13 ans, qui coule une vie paisible et confortable avec sa famille à Bersa dans ce qui à l’époque était encore l’Empire Ottoman engagé dans la 1ere guerre mondiale aux cotés de l’Allemagne.

Un matin la famille est réveillée par la police, le sultan les expulse et réquisitionne leur maison, ils ont 3 jours pour boucler leurs valises, ils devront rejoindre un convoi, « mais vous récupérez votre maison et votre magasin quand vous reviendrez »

C’est la première fois qu’elle voit son père pleurer, elle surprend le regard de sa grand-mère et y voit des images d’horreur avec des morts. Mais il ne faut pas tarder et organiser le départ pour ses parents, son petit frère, ses grands-parents, ses 2 oncles, sa tante et le bébé.
Après un voyage cuahcemardesque, la première mission d’Anouch à son arrivée au camp est d’aller chercher de l’eau. Mais le puits est pris d’assaut, qu’importe qu'il y ait des enfants parmi le adultes, tout le monde se pousse. Désemparée elle assiste au spectacle jusqu’à ce qu'un jeune garçon lui propose d’aller chercher de l’eau pour elle. C’est ainsi qu’elle rencontre Dikran, lui aussi est avec sa famille, tous les jours ils se retrouvent pour l’eau.
Dans son regard elle y voit des oiseaux, des papillons, de belles couleurs, des couleurs chaudes.
La famille s’organise ils arrivent à se débrouiller pour survivre, et aussi à trouver de quoi soigner son petit frère qui a une plaie ouverte sur le bras (une sombre histoire de maladie sur l’os, soignée aux rayons)

Mais ils ne sont pas tranquilles pour autant, régulièrement dans la nuit des tentes sont démolies et leurs habitants, déportés ailleurs. C’est ce qui arrive à la famille de Dikan. Anouch aura juste le temps d’assister à la scène, et il lui jure qu’il la retrouvera. Peu de temps après c’est le tour de sa famille, ils se retrouvent entassés dans un wagon a bestiaux, des gens sont frappés, des hommes disparaissent. Heureusement son père et son oncle arrivent à maintenir un semblant de vie, mais pour combien de temps . ???

 

Mon avis :
J’ai été surprise de me rendre compte que je ne connaissais rien sur ce pan de l’histoire. On a étudié en long et en large la première guerre mondiale mais pas ce qui s’est passé dans l’empire Ottoman, J’ai retrouvé, dans les scènes décrites dans ce roman, des scènes rapportées par les déportés de la deuxième guerre mondiale. Certaines sont dures, mais le récit est largement celui d’une jeune fille et de sa famille qui doit se débrouiller pour se nourrir et survivre.

A savoir qu’Anouch a vraiment existé ainsi que Dikran, c’est l’histoire de la grand-mère de l’auteur, romancée mais aussi documentée, car au-delà du témoignage de sa grand-mère, il y a aussi une recherche historique (ça n’a rien d’une fiction)
J’ai lu ce livre en 2 soirs, autant dire que j’ai adoré.
A mettre entre toutes les mains (pas seulement celles des ados)
Ce roman méritait vraiment de remporter le prix

Dans les yeux d'Anouch
Roland Godel
Gallimard jeunesse
10,90€